sommaire  
 
Lettre ouverte, en réponse à l'interview de Monsieur Turquin, dans l'Union des 27 et 29 décembre 2011.
 
         

.

De nombreux incidents de chasse, plus ou moins graves, ont émaillé le secteur de Prémontré, provoquant l'inquiétude et la colère de la population. Un nouvel incident à eu lieu en novembre, à Brancourt..

le 7 janvier 2012

       Si l'association UFDH s'intéresse de près aux articles de presse qui touchent le massif forestier de Saint-Gobain, elle n'a pas pour habitude de les commenter. Ceci dit, le mardi 27 et le jeudi 29 décembre 2011, deux articles ont été publiés par le journal l'UNION concernant un incident de chasse à courre survenu à Brancourt courant novembre.
Le premier article, de Lucie Lefebvre, décrit parfaitement les exaspérations des habitants de Brancourt. En effet, comme bien souvent, si un animal traqué vient se réfugier dans la cour d'un particulier, l'équipage de chasse à courre du Rallye nomade ne se prive pas pour investir les lieux, bafouant le respect de la propriété privée.
       Extrait de l'UNION du 27 décembre :
      " ... Il y a de quoi être effrayés quand on voit débouler une trentaine de cavaliers et une meute de cinquante chiens qui escaladent le grillage et détruisent les pelouses. ..." " ... Sans parler des suiveurs, ... on ne pouvait plus circuler dans la rue, ils étaient tous stationnés n'importe comment."
       Les habitants de Prémontré, commune voisine de Brancourt, savent de quoi il en retourne. Chaque année, depuis des décennies, c'est toujours la même histoire. Souvenons-nous de décembre 2008. A Prémontré, une vidéo amateur avait enregistré, avec réalisme, les mêmes débordements encore une fois attribués au Rallye nomade. Ces images, assorties d'une agression physique du piqueux à l'encontre du propriétaire qui demandait à ce qu'ils sortent de chez lui, avait été largement diffusée sur le net. Cet événement avait suscité de nombreuses réactions et, suite aux plaintes déposées, cet équipage dû rendre des comptes à la justice.
En fait, aujourd'hui, rien n'a changé. Il aura même fallu deux jours pour que M. E. Turquin, responsable du Rallye nomade, réponde aux multiples sollicitations des journalistes de l'UNION. Extraits de l'UNION du 29 décembre (article écrit par Yann Le Blévec)
     " ... Personne n'est mort à part le cerf. ... "
     Voilà un bon début pour une interview. Les habitants de Brancourt peuvent s'estimer heureux, l'affaire aurait pu être plus dramatique. Evidemment le cerf apparaît comme le grand responsable de ces débordements.
      " ... Qu'adviendrait-il s'il blessait quelqu'un ? Il peut aussi provoquer des dégâts, comme c'est arrivé au niveau d'une véranda. Et là, on se retournerait contre nous."
       De toute évidence les réflexions de M. Turquin sont déconcertantes. L'utilisation d'une arme à feu pour abattre le cerf, si proche des habitations, n'est même pas abordée. Les grillages escaladés et les pelouses piétinées par les chasseurs et les chiens sont ignorées.
       M. Turquin estime aussi que les intrusions chez les particuliers surviennent le plus souvent là où il y a des maisons neuves. Etonnante réflexion. Si l'animal s'y réfugie c'est par ce qu'il est tout simplement fatigué d'avoir couru pendant des heures, des heures pendant lesquelles il vous a donné, M. Turquin, le plaisir de chasser à courre.
       M. Turquin insiste aussi sur les règles strictes que l'équipage doit observer. Ajoutez donc une règle pour éviter tout ces désagréments. Arrêtez la chasse dans ce cas de figure. Graciez l'animal. Chacun sait que la viande ne vous intéresse pas et que vous n'êtes pas démuni de trophées.
       Vous prenez également certains suiveurs pour des hooligans. Ce n'est pas très respectueux. En encombrant les routes forestières ils empêchent souvent que le cerf traverse et change d'enceinte. Cela vous arrange bien. Et puis quand vous avez perdu l'animal, vous êtes bien content qu'un suiveur vienne vous le livrer. En fait ces gens là veulent juste voir ou apercevoir le cerf. Alors un hallali pensez donc !
        La mort n'a plus aucune importance, pourvu qu'ils puissent voire l'animal ne serait-ce que quelques instants et, qui sait, peut-être, pour certains, obtenir un morceau de viande en récompense de quelques renseignements fournis pendant la chasse. On récolte ce que l'on sème M. Turquin. Vous déclarez aussi, je cite l'UNION du 29 décembre:
       
" ... Je trouve intolérable, par exemple, qu'un suiveur escalade un grillage, qu'il se gare mal ...
       " Ces pratiques, nous sommes d'accord, sont intolérables. Alors ne montrez pas l'exemple et les suiveurs seront peut-être plus respectueux. Encore une fois je fais allusion à la vidéo de décembre 2008 tournée à Prémontré ou l'on voit votre maître d'équipage passer un grillage, assez lourdement d'ailleurs, pour ensuite plonger dans un massif d'ornement espérant planter sa lance dans le flanc du cerf.
       Vous dites aussi avoir gracié plusieurs cerfs depuis décembre 2008. Cela est faux, à preuve du contraire, aucun cerf n'a été gracié depuis le 13 décembre 2008.
       Vous concluez l'interview par: " ... le mieux pour se faire une vraie idée sur la chasse à courre, c'est d'en suivre une."
       Depuis des dizaines d'années, de nombreux passionnés de la forêt, membres ou pas de l'association UFDH, ont suivi vos chasses, à pieds, à travers bois. Les commentaires ne seraient pas forcément en votre faveur. Il est temps maintenant de vous remettre en question et d'opter pour des comportements plus responsables.

J. Marlin Membre et représentant de l'association UFDH

 



 

 

 

référencement
mentions légales